Optimiser l'utilisation de l'eau

L’agriculture mondiale va devoir relever un défi colossal dans les quarante prochaines années : produire près de 50 % de nourriture en plus d’ici à 2030 et doubler la production à l’horizon 2050. Il lui faudra probablement y parvenir avec moins d’eau, principalement à cause des pressions exercées par une urbanisation croissante, l’industrialisation et le changement climatique. P ar conséquent, à l’avenir, il faudra que les agriculteurs reçoivent les bons signaux, de manière à ce que l’utilisation de l’eau soit plus rationnelle et à ce que sa gestion en agriculture s’améliore, d’autant plus que ce secteur est le principal utilisateur d’eau dans la plupart des pays.

Utilisation de l’eau par secteur

Enjeux environnementaux et agronomiques

Dans ces conditions, la grande capacité d’infiltration et de rétention d’eau des sols non labourés permet une utilisation beaucoup plus économe des ressources hydriques. Sur un sol cultivé en semis direct, la couche de litière diminue fortement l’évaporation de l’eau par capillarité. Cette couche réduit également l’impact des gouttes de pluie sur le sol, et ainsi le risque de battance. Le semis direct prévient aussi bien l’érosion que la formation de flaques d’eau. La porosité des sols non travaillés favorise une infiltration rapide de l’eau et le nombre réduit de passages améliore la stabilité de ces réseaux de pores.

Dans un sol en semis direct, l’eau s’écoule facilement le long des galeries formées par les racines ou les vers de terre. En revanche, dans un sol labouré, l’infiltration de l’eau est entravée par les tassements dans les traces de passages et la semelle de labour. Un sol cultivé en semis direct a une meilleure capacité de rétention d’eau. En cas de sécheresse estivale prolongée, les plantes peuvent ainsi mieux absorber l’humidité dont elles ont besoin que dans un sol travaillé. Le stress hydrique est donc moindre.

Dans un sol sous semis direct, les vers de terre creusent au fil des ans tout un réseau de galeries stables jusqu’en profondeur. Ce «réseau biologique de drainage» permet une bonne infiltration de l’eau, l’aération du sol et une croissance racinaire sans entrave. Comme le sol est en permanence recouvert d’une couche de litière, l’humidité qui remonte par capillarité s’évapore moins vite. L’eau est ainsi emmagasinée dans le sol et à disposition des plantes en cas de sécheresse.                         

Le semis direct favorise le maintien, voire l'augmentation du taux de matière organique en surface, donc la capacité en rétention en eau du sol. De plus, le maintien des résidus en surface favorise l'infiltration en limitant le ruissellement. La présence de résidus en surface limite également l'évaporation, ce qui permet de conserver une humidité favorable à la germination en conditions séchantes.

De nombreuses études montrent qu’un sol non travaillé retient plus d’eau du fait de la modification de l’espace poral mais aussi par la présence des résidus de surface qui réduisent l’évaporation. La variabilité de comportement s’explique par l’évolution du réseau poral au cours du temps.

Des macropores  sont créés après le labour ce qui améliore temporairement la vitesse d’infiltration de l’eau. Mais l’action mécanique de la charrue et des outils de pseudo labour peut détruire la continuité des pores constituées pendant le cycle cultural précédent. A l’inverse la réduction du nombre de macropores après l’abandon du labour est contrebalancée par un accroissement des biopores lors de la pratique à moyen et long terme du semis direct. L’augmentation de la quantité de matières organiques dans les premiers centimètres d’un sol non travaillé facilite l’infiltration de l’eau.

>>> Favoriser le non-travail du sol

L'agriculture est non seulement la principale consommatrice d'eau, en volume, dans le monde, mais elle en fait aussi un usage relativement peu valorisant, peu efficace et de surcroît fortement subventionné. Ces réalités contraignent gouvernements et donateurs à repenser les justifications économiques, sociales et environnementales des grands projets d'irrigation financés par les deniers publics et gérés par des organismes publics eux aussi. Les dépenses publiques consacrées à l'irrigation ont longtemps dominé le budget agricole de pays du monde entier. Par exemple, depuis 1940, 80 pour cent des dépenses publiques consacrées par le Mexique à l'agriculture ont été absorbées par des projets d'irrigation. En Chine, en Indonésie et au Pakistan, l'irrigation a concentré plus de la moitié de l'investissement agricole. En Inde, environ 30 pour cent du total des investissements publics sont allés à l'irrigation.

>>>Eléments et pratiques limitant l'érosion

 

Les indicateurs en lien avec cette BMPs sont les suivants :

  • Couts de production
  • EBE/ha
  • Bilan énergie
  • Irrigation
  • Perturbation du sol
  • Taux de Matière Organique